Peinture murale de l’église Mar Guorguis

Située dans l’ancienne église de Mar Guorguis, cette peinture murale datant du XIIIème siècle  se situe à 36°15’56.73″N 43°22’42.57″E et 272 mètres d’altitude.

Elle est actuellement l’unique prototype de peinture murale existant encore en Mésopotamie.

Vous trouverez une vidéo par jour relatant de la première partie des travaux de restauration.

Bonne visualisation !

l’équipe Mesopotamia.

 

Peinture_murale_Mar_Guorguis

OPÉRATION PATRIMONIALE À CŒUR OUVERT

Avez-vous entendus parlé de la peinture murale de Mar Guorguis ?
Située dans une vieille chapelle de la ville de Bakhdida (karakosh), cette oeuvre du XIIIem siècle, absolument unique en Mésopotamie a miraculeusement échappée aux massacres patrimoniaux de DAESH mais malheureusement pas aux sévices du temps …
C’est avec l’aide de deux restauratrices françaises et d’ouvriers Irakiens que Mesopotamia s’est lancée dans un programme de restauration et de réhabilitation de cette peinture.
Le 15 novembre dernier, Pascal Maguesyan, notre chargé de mission se rendait sur place pour le début des travaux qui sont pour l’instant très encourageants. Beaucoup reste encore à faire cependant.
C’est une nouvelle aventure qui commence pour mesopotamia et pour le patrimoine d’Irak !

PARTIE 1 - JOUR 1


PARTIE 1 - JOUR 2

Dans ce deuxième épisode, vous découvrirez la préparation technique de la peinture murale, avant sa dépose :
Comment renforcer les peintures écaillées, comment traiter les fissures, comment préparer les fragments avant leur dépose, comment préparer la structure en aluminium et fibre de verre sur laquelle sera restaurée la peinture murale ?
Ces questions techniques sont parties intégrantes du travail de sauvegarde et de restauration de cette peinture médiévale d’autant plus importante qu’elle est probablement l’une des toutes dernières en Irak.

Voici donc le résumé de nos petits et grands travaux

PARTIE 1 - JOUR 3

Dans ce troisième épisode, vous découvrirez la dépose d’un fragment de la peinture murale du baptême du Christ de l’église Mar Guorguis de Qaraqosh (Bakhdida). Il s’agit d’un fragment situé sur la partie supérieure gauche de l’œuvre.
La technique est délicate. Après avoir protégé et stabilisé la surface peinte avec des compresses couvertes de menthol, le fragment est détaché du mur avec son enduit. Vous verrez que cette action est accomplie au burin par Ibrahim Shaaba Lallo. Cela requiert force et finesse pour éviter de percer la couche picturale. Après avoir été enlevé du mur, ce fragment est transporté à l’atelier. La restauratrice Méliné Miguirditchian apportera quelques explications sur la suite du processus.
Parallèlement, des recherches se poursuivent activement pour documenter le plus possible tous les éléments de la peinture murale. C’est une tache nécessaire avant la restauration de la peinture. Ces recherches sont d’autant plus importantes que de nombreuses parties de l’œuvre ont disparu depuis le XIIIe siècle. Nous vous en donnerons quelques détails dans notre prochaine publication.
À vous de voir à présent l’épisode du JOUR 3 de cette opération patrimoniale.

PARTIE 1 - JOUR 4

Dans ce quatrième épisode, vous découvrirez plusieurs intervenants de la mission :
La restauratrice Géraldine Fray décrira certains éléments constitutifs de la peinture murale du baptême du Christ de l’église Mar Guorguis de Qaraqosh (Bakhdida).
La deuxième restauratrice Méliné Miguirditchian expliquera la technique de consolidation du revers d’un fragment.
Slvana A.Yalda, étudiante au Collège des Beaux-Arts de l’université de Mossoul, évoquera l’intérêt de cette nouvelle expérience.
Enfin, Ibrahim Shaaba Lallo, membre de l’équipe Mesopotamia, conclura cet épisode.
À mesure que cette opération de sauvetage progresse, les restauratrices découvrent que la peinture murale a connu des retouches à différentes époques. Son ancienneté est incontestable -vraisemblablement XIIIe siècle -, mais il semble évident que des reprises ont eu lieu ultérieurement. C’est ce que révèle notamment l’analyse des différentes strates d’enduit. C’est aussi ce qui rend encore plus complexe la dépose de l’œuvre.
Quelques explications à présent sur le contenu de cette peinture murale :
Le thème central est celui du baptême du Christ. C’est ce que révèle son corps à demi-dénudé, son pagne et sa ceinture, ses pieds nus, les doigts de sa main droite reliés pour symboliser la Trinité. C’est ce que révèle aussi la présence des poissons, la représentation des rives anguleuses du Jourdain, mais aussi la présence d’un porteur de jarre aux pieds du Christ.
Dans la partie supérieure, au dessus et à droite du Christ, il reste encore une petite partie du visage de Jean-Baptiste avec son auréole. Dans la partie supérieure, à droite, apparaissent deux anges, dont il ne reste que quelques traces et dont l’un porte le linge du Christ. À gauche, on pouvait voir en 2005, un groupe de 3 anges ou archanges, dont il ne reste pratiquement rien à présent.
Dans la partie inférieure, à gauche, deux femmes sont présentes. L’une semble porter un rouleau de prière et celle qui la devance porte un plateau sur lequel semble reposer un pain. S’agirait-il de Marthe et Marie ? Ces interprétations sont encore hypothétiques et doivent être vérifiées.
Dans la partie inférieure, au centre, se trouve une croix sur son socle, vers laquelle marche le Christ.
Enfin, toujours dans la partie inférieure, à droite, apparaissent deux personnages. À l’arrière plan, une femme porte un voile rouge, dans la coiffe duquel on semble apercevoir une croix. Si c’est le cas, il s’agirait de la Vierge Marie. Devant elle, se trouve un vieil homme avec cheveux blancs, barbe blanche et tunique blanche. S’agirait-il de Joseph, le père de Jésus ? Ce pourrait être aussi Siméon, prophète au Temple de Jérusalem. Les discussions sont en cours pour savoir si ce personnage tient ou non dans ses mains une colombe (ou même deux).
L’ensemble des éléments de cette peinture et les discussions en cours, notamment avec Monseigneur Najeeb Mikhaeel, archevêque chaldéen de Mossoul et Akra, donnent à penser que cette peinture ne représente pas seulement le baptême du Christ, mais aussi son épiphanie (sa théophanie), c’est à dire un ensemble d’éléments qui illustrent sa divinité.

PARTIE 1 - JOUR 5

Dans cet épisode, la restauratrice Méliné Miguirditchian explique l’évolution du protocole de dépose des fragments de la peinture murale. Majeed Allo, l’un des membres irakiens de l’équipe Mesopotamia, partage son rôle dans cette mission. Enfin, Méliné Miguirditchian conclue le reportage par le récit de cette cinquième journée de chantier patrimonial.
Cette opération de sauvetage est un vrai travail d’équipe. La concertation est une règle de fonctionnement entre les deux restauratrices françaises, l’équipe de Mesopotamia, le curé de l’église syriaque-orthodoxe Mar Guorguis, Abona Theophilus Masoud Alyasoo, les autorités civiles irakiennes et les étudiants des Beaux-Arts de l’université de Mossoul. Cette démarche est nécessaire pour garantir le plus haut niveau d’adhésion au programme de sauvetage de cette œuvre unique en péril.
Bon visionnage de l’épisode de ce JOUR 5

PARTIE 1- JOUR 6

Depuis 6 jours, fragment après fragment, la peinture murale de l’ancienne église syriaque-orthodoxe Mar Guorguis de Qaraqosh (Bakhdida) est méticuleusement déposée.
Ces retraits sont en apparence traumatisants. En réalité, ils sont la condition même du sauvetage de cette œuvre en péril.
En atelier les restauratrices, Méliné Miguirditichian Atelier Méliné et Géraldine Fray http://gfray.com, réalisent l’ensemble des taches nécessaires à la revitalisation de cette peinture murale. C’est un travail accompli millimètre par millimètre, dont les étapes sont nombreuses et très techniques. Cela comprend l’amincissement de l’enduit, la consolidation du revers, l’enlèvement des couches de gaze, de menthol et de paraloïde B-72.
Ce n’est qu’au cours de la seconde mission, début 2022, que seront réalisés le remontage des fragments sur panneau en nid d’abeilles, le nettoyage de la couche picturale, les retouches des lacunes et usures, pour aboutir à la restitution finale de l’œuvre.
Autant vous dire, que nous ne sommes qu’au début de nos efforts.
Merci à tous de nous suivre et de nous soutenir au quotidien. Voici l’épisode du JOUR 6.

PARTIE 1- JOUR 7

Dans ce septième épisode, la restauratrice Méliné Miguirditchian vous fera découvrir les différentes tables de travail de l’atelier de restauration. Un vrai travail de fourmi !
Vous découvrirez aussi Nenous Thabet , l’un des quatre étudiants du Collège des Beaux Arts de l’université de Mossoul. Par une heureuse coïncidence, Nenous est le fils du sculpteur Thabet, qui en 2005 enleva le badigeon blanc du XIXe siècle, sous lequel se trouvait la peinture murale du baptême du Christ.
Le travail accompli ici, en Irak, à Qaraqosh (Bakhdida), pour sauver cette peinture murale, est l’objet d’une importante vigilance de l’administration irakienne et notamment du ministère de la culture, dont les représentants viennent chaque jour voir l’évolution de l’opération de sauvetage.
De même, l’église syriaque-orthodoxe qui a sollicité l’intervention de Mesopotamia, veille quotidiennement, grâce à son représentant Abona Theophilus Masoud Alyasoo, curé de l’église syriaque-orthodoxe Mar Guorguis de Qaraqosh (Bakhdida). Il nous partage chaque jour ses encouragements et sa gratitude.
Mesopotamia tient à remercier à cette occasion les partenaires qui soutiennent cette opération patrimoniale à cœur ouvert.
et bien sûr l’Église syriaque-orthodoxe, notamment Monseigneur Nikodemos Daoud, archevêque syriaque-orthodoxe de l’archidiocèse de Mossoul.
Mesopotamia remercie également L’Œuvre d’Orient, qui soutient l’association depuis sa création en 2017.

 

PARTIE 1- JOUR 8

Nous sommes parvenus en ce huitième jour au cœur du cœur de notre mission de sauvetage patrimonial. Nous avons commencé cette journée dans l’inquiétude de ce qui nous attendait. Elle s’est achevée à la lueur d’une lampe torche…dans la joie d’avoir réussi.
Il s’agissait de déposer la partie centrale de la peinture murale, celle qui lui donne tout son sens : le Christ dans le Jourdain !
Le fragment que nous devions déposer était très grand, mais nous ne pouvions pas faire moins. Nous n’avions pas le droit de perdre le moindre centimètre de couche picturale.
La pression au moment d’entamer les premiers coups de burin dans l’enduit, au revers du fragment du Christ, était à son comble.
C’est cette séquence que décrypte la restauratrice Géraldine Fray http://gfray.com dans ce reportage vidéo.
Mesopotamia remercie à cette occasion ses membres irakiens qui mettent tant d’énergie à l’ouvrage, dans toutes les phases de cette « opération patrimoniale à cœur ouvert »: Abraham Lallo, Mjeed Allo, Matty Al Mache, Sandro Behnam, Shahad Alkhoury.
Nos remerciements sont également adressés à l’équipe de Hammurabi dans la plaine de Ninive : Yohanna Towaya, Louis Khno
Nous tenons aussi à féliciter les étudiants du Collège des Beaux Arts de l’université de Mossoul, pour leur grande implication dans ce programme patrimonial : Valentina Fouad, Slvaña A Yaldã, Mamosh N. Fatohy, Nenous Thabet.
Voici donc l’épisode 8
Mesopotamia renouvelle aussi sa gratitude aux institutions et organisations qui soutiennent cette opération patrimoniale à cœur ouvert :
et bien sûr l’Église syriaque-orthodoxe (archidiocèse de Mossoul).
Mesopotamia exprime également sa gratitude à L’Œuvre d’Orient qui soutient l’association depuis sa création il y a bientôt 5 ans.

 

PARTIE 1- JOUR 9

Notre aventure patrimoniale continue en Irak.
Au neuvième jour de notre mission de sauvetage de la peinture murale de l’église Mar Guorguis, à Qaraqosh (Bakhdida) dans la plaine de Ninive, nous poursuivons le traitement du fragment central; celui du Christ dans le Jourdain.
La restauratrice Méliné Miguirditchian Atelier Méliné nous expliquera, dans ce reportage, le processus en cours.
Nous entendrons également le témoignage de Mamosh N. Fatohy, ancienne étudiante au Collège des Beaux-Arts de l’université de Mossoul, qui participe activement aux différentes étapes de la restauration de cette œuvre.
Bonne séance à chacun.
Merci à Sandro Behnam, le talentueux photographe et vidéaste de cette mission patrimoniale, qui produit ces chroniques quotidiennes.

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